Dans un précédent article consacré à cette innovation, nous présentions la préparation du sol en strip-till en culture de maïs testée dans plusieurs fermes de la zone transfrontalière. Quelques semaines après les semis, les premiers suivis de terrain ont été réalisés. S’il est bien sûr encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, plusieurs enseignements intéressants se dégagent déjà.
Les premiers résultats se dessinent
Parmi les sites suivis, un essai situé sur une parcelle de 4,4 hectares à Ellignies-Sainte-Anne compare un travail du sol localisé sur la ligne de semis (strip-till) à un travail superficiel réalisé sur l’ensemble de la surface. L’essai évalue également l’intérêt de différents engrais starter appliqués au semis.
L’hypothèse testée est qu’un travail du sol réduit en strip-till peut limiter la minéralisation de l’azote en début de cycle. Pour y répondre, plusieurs starters sont comparés à un témoin sans apport sur différentes variétés de maïs. L’essai comprend 16 modalités en trois répétitions.
Strip-till et travail du sol généralisé à l’épreuve
Comme sur les autres sites du projet, le début de saison a été marqué par une météo contrastée, alternant périodes fraîches (début mai et début juin) et épisodes nettement plus chauds durant les dernières décades de mai et de juin.
Ces conditions ont conduit à décaler le désherbage initialement prévu fin mai en raison des fortes températures. Ce report a entraîné un salissement plus important des inter-rangs en strip-till comparativement à la modalité classique de travail du sol généralisé.
L’action du désherbage s’est ensuite révélée relativement lente, notamment sur les mourons, dans un contexte plus frais durant la première quinzaine de juin. Malgré cela, les observations de mi-juin montrent une efficacité globale satisfaisante sur l’ensemble de l’essai, sans concurrence des adventices sur le développement du maïs, en strip-till comme en travail en plein.
Une densité de peuplement satisfaisante malgré les pertes
À la mi-juin, les densités de population ont été évaluées. Elles atteignent en moyenne 79 000 plants/ha en travail en plein et 83 000 plants/ha en strip-till, pour 95 000 grains semés.
Les pertes, non négligeables, sont principalement liées aux corneilles et aux attaques de larves de taupins. Malgré un léger avantage au strip-till, la différence n’est pas significative.
Quoique faibles, ces niveaux restent satisfaisants : jusqu’à environ 80 000 plants/ha, le maïs compense généralement une partie des pertes par un développement plus important des plants restants. En dessous de 75 000 plants/ha, cette capacité de compensation devient insuffisante pour maintenir pleinement le potentiel de rendement.
Les engrais starter donnent un coup de pouce au démarrage
Un résultat marquant concerne les engrais starter en strip-till. Dès début juin, des différences de vigueur apparaissent et se confirment à la mi-juin : les modalités avec engrais starter présentent un meilleur développement que le témoin sans apport qui apparait visuellement comme étant le moins vigoureux dans chacune des répétitions.
L’effet est particulièrement marqué en strip-till. Ces observations confirment qu’un travail du sol plus limité réduit la minéralisation en début de cycle.
Cette observation renforce l’intérêt d’un apport localisé au semis pour soutenir la croissance des jeunes plants particulièrement en cas d’implantation après strip-till.
Un suivi jusqu’à la récolte pour confirmer les tendances
À ce stade, aucune différence notable n’est observée entre les différentes variétés de maïs. En revanche, les effets du mode de travail du sol et des engrais starter sont déjà perceptibles.
Le suivi se poursuivra durant toute la saison afin d’évaluer leur impact sur le développement du maïs, le rendement, la teneur en matière sèche et les valeurs alimentaires à la récolte.
Ces résultats permettront de mieux cerner les situations dans lesquelles le strip-till constitue une alternative pertinente aux itinéraires plus conventionnels.
Merci aux agriculteurs du groupe transfrontalier pour leur implication dans la mise en œuvre et le suivi de ces essais.
